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COMMUNIQUÉ DE PRESSE: LE PLAN DE CONSERVATION DES NATIONS UNIES POURRAIT AFFECTER 300 MILLIONS DE PERSONNES

20 July 2020

Une nouvelle campagne des Nations Unies pour augmenter la surface des aires protégées dans le monde pourrait entraîner de graves violations des droits humains et causer des dommages sociaux irréversibles, si elle ne fournit pas des garanties plus robustes pour protéger les droits des peuples autochtones et des communautés locales, a déclaré aujourd'hui la Rainforest Foundation UK (RFUK).

En octobre, la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB) devrait convenir d'un nouvel objectif pour placer au moins 30% de la surface de la Terre sous le régime de la conservation d'ici 2030. L'objectif «30 x 30» pourrait doubler la surface actuelle des espaces terrestres protégés au cours de la prochaine décennie.

Cependant, sur la base d'un article publié dans la revue Nature sur les zones d'importance écologique les plus susceptibles d'être converties en aires protégées, RFUK estime que le plan pourrait déplacer ou déposséder jusqu'à 300 millions de personnes.

Une nouvelle carte publiée aujourd'hui par RFUK montre que les communautés forestières du bassin du Congo en Afrique sont particulièrement menacées.

Le coût humain de ce plan préoccupe de plus en plus étant donné que la protection de la nature, dans des régions telles que l’Asie du Sud et le bassin du Congo en Afrique, s’est grandement militarisée ces dernières années. Des communautés sont déplacées de force pour faire place à des aires protégées et des rapports font fréquemment état de violations des droits de l'homme par des agents lourdement armés de la lutte anti-braconnage.

La nouvelle plateforme MappingForRights de RFUK, lancée aujourd'hui, révèle l'étendue des forêts gérées par les communautés en Afrique qui pourraient être menacées par de nouvelles confiscations de terres au nom de la conservation. Accessibles sur le site internet, plus d'un millier de cartes produites par les communautés montrent comment elles sont déjà prises en étau entre les concessions industrielles et les aires strictement protégées – avec de graves impacts sur leurs moyens de subsistance.

La recherche a également jeté des doutes sur la question de savoir si une augmentation de ce type d'aires protégées serait en mesure d’arrêter le déclin rapide de la biodiversité, sachant qu’un usage disproportionné de la force aurait pour effet de retourner les populations locales contre les efforts de conservation.

Les détracteurs de ce plan soutiennent également qu’il pourrait accélérer la destruction de l'environnement ailleurs dans le monde, puisque de nombreuses entreprises parmi les plus polluantes pourraient promouvoir des systèmes controversés de compensation pour contribuer à l’atteinte de l'objectif des 30%.

Joe Eisen, Directeur Exécutif de la Rainforest Foundation UK, a déclaré: «Bien que des engagements audacieux soient indubitablement nécessaires pour faire face aux urgences climatiques et de la biodiversité, cette campagne pourrait signifier que des personnes, parmi les plus pauvres et les moins responsables de ces crises dans le monde, devront une fois de plus faire les frais de l'inaction dans les pays industrialisés. La CDB doit agir sur la base des preuves de plus en plus nombreuses que la meilleure façon de parvenir à la justice climatique et de protéger les forêts primaires est de les confier aux peuples autochtones et aux communautés locales qui y vivent et en dépendent. »

 

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