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L’initiative proposée par l’UE pour protéger la biodiversité africaine n’augure rien de bon pour les communautés ou la nature

25 September 2020

La Rainforest Foundation UK, Minority Rights Group International et le Forest Peoples Programme ont écrit aujourd'hui à la Commission européenne pour exprimer leurs inquiétudes concernant leur nouvelle initiative de protection de la biodiversité en Afrique.

Selon les ONG, cette initiative viendrait renforcer un modèle de conservation obsolète qui n'a pas fait ses preuves en matière de lutte contre la dégradation de l'environnement et la pauvreté sur le continent.

NaturAfrica est une initiative phare de la Commission Européenne qui vise à « lutter contre la perte de biodiversité en créant un réseau d'aires protégées pour protéger la faune et offrir des opportunités dans les secteurs verts aux populations locales ». Cependant, un document interne définissant les grandes lignes du programme néglige de reconnaître les problèmes causés par les programmes de conservation précédents sur le continent, y compris dans un certain nombre d'aires protégées financées par l’Europe où de graves violations des droits humains par des gardes armés ont été documentés par RFUK et d’autres organisations. 

Le document, qui semble avoir été rédigé sans consulter la société civile africaine, ne s'appuie pas non plus sur le corpus croissant de preuves selon lesquelles une conservation efficace et durable va de pair avec la garantie des droits des communautés locales et autochtones qui vivent dans ces zones.

Cela intervient à une période critique pour la lutte contre la perte de biodiversité, les Etats négociant actuellement un cadre mondial pour la biodiversité pour l'après-2020 qui fixera les objectifs et des engagements en matière de conservation pour la prochaine décennie.

Le mois dernier, plus de 150 organisations de peuples autochtones, ONG et universitaires ont écrit au secrétariat de la Convention sur la diversité biologique (CDB) pour les alerter que l’objectif proposé de placer 30 pour cent de la planète sous statut protégé risquait d'avoir de graves conséquences humaines s’il n’était pas accompagnée de garanties bien plus strictes en faveur des communautés locales et autochtones et d’une évaluation rigoureuse des impacts des aires protégées existantes.

Joe Eisen, directeur exécutif de RFUK, a déclaré: « Alors que nous entrons dans cette phase charnière des efforts mondiaux pour lutter contre le changement climatique et la perte de biodiversité, NaturAfrica dans sa forme actuelle perpétue un modèle de conservation défaillant qui n'a bénéficié ni aux populations ni à la nature. La Comission doit maintenant saisir ce moment pour repenser le programme et ouvrir la voie à une nouvelle ère de protection communautaire de la nature. »

La lettre est accessible ici LIEN

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