L'action communautaire renforce la gouvernance forestière en République du Congo
29 octobre 2026
Au cours des trois dernières années, Rainforest Foundation UK (RFUK), en collaboration avec le Comptoir Juridique Junior (CJJ) et ClientEarth, a travaillé avec les peuples autochtones et les communautés locales de la République du Congo dans le cadre d’un projet visant à renforcer la gouvernance forestière, à améliorer l’accès à la justice et à soutenir la protection des droits communautaires.
Financé par l’Agence française de développement (AFD) dans le cadre de son programme d’innovation FISONG, et cofinancé par Earth Insight, ce projet a combiné la l'observation indépendante communautaire des forêts, le renforcement des capacités juridiques et le plaidoyer afin d’aider les communautés à jouer un rôle plus actif dans la protection de leurs forêts et la défense de leurs droits.
Permettre aux communautés d’agir
De nombreuses communautés forestières de la République du Congo vivent loin des centres administratifs et des services judiciaires, ce qui rend difficile le signalement d’activités illégales ou l’obtention de réparations lorsque leurs droits sont bafoués.
Pour relever ces défis, le projet a formé des communautés à l’utilisation de ForestLinkle système d'observation indépendante communautaire des forêts en temps réel de RFUK, afin de documenter les activités illégales et les violations de droits. Les membres des communautés ont également bénéficié d’une formation juridique pour mieux comprendre leurs droits et les mécanismes à leur disposition pour obtenir justice.
Dans huit villages des départements de Likouala,, Sangha et Lékoumou,34 observateurs communautaires ont été formés à l’utilisation de ForestLinkLe projet a également formé 160 parajuristes communautaires, dont plus de la moitié étaient des femmes, tandis que les peuples autochtones représentaient plus d’un tiers des participants.
Pour de nombreux participants, c'était la première occasion de découvrir les droits et les protections dont ils disposaient.
« Nous ne savions pas qu’il existait un accord de partage des bénéfices, que nous avions des droits ou que nous pouvions signaler ces actes », a expliqué un membre de la communauté Ngonaka.
Transformer les preuves en responsabilisation
À mesure que leur confiance et leurs compétences se sont renforcées, les communautés ont commencé à documenter les problèmes qui affectent leurs forêts et leurs moyens de subsistance.
Au cours du projet, les observateurs communautaires ont transmis 55 alertes via ForestLink, signalant des activités illégales, des problèmes de gouvernance et des violations des droits. Ces signalements ont permis d’attirer davantage l’attention sur des problèmes qui passent souvent inaperçus dans les zones forestières isolées et ont fourni des preuves pour soutenir les actions de plaidoyer et le dialogue avec les autorités.
Le projet a également aidé les organisations de la société civile à utiliser ces preuves pour dialoguer avec les institutions gouvernementales et les acteurs du secteur privé, encourageant ainsi une plus grande transparence et une meilleure responsabilisation dans le secteur forestier.
Créer un espace de dialogue
L’une des principales réalisations du projet a été de réunir les communautés, les représentants des pouvoirs publics et les acteurs du système judiciaires pour discuter des défis communs.
Suite aux préoccupations exprimées par des communautés concernant l’intensification des conflits entre les humains et les éléphants et la destruction des cultures, le projet a soutenu l’organisation d’une table ronde multipartite qui a permis d’élaborer des recommandations pour des actions futures, notamment des discussions sur l’indemnisation des communautés touchées.
Au niveau national, les partenaires du projet ont contribué à neuf processus de réforme juridique et politique liés à la gouvernance forestière. Ils ont également joué un rôle important dans l’élaboration d’un projet de décret sur l’attribution des forêts communautaires dans le cadre du Code forestier de 2020 de la République du Congo – un texte législatif clé qui permettrait aux communautés locales, pour la première fois dans le pays, d’obtenir des droits légaux sur leurs forêts.
Poser les bases d’un changement durable
Le projet a démontré que lorsque les communautés disposent des outils, des informations et du soutien approprié, elles peuvent jouer un rôle bien plus important dans la protection des forêts et la responsabilisation des décideurs.
En associant la suivi communautaire, l’accompagnement juridique et le plaidoyer, cette initiative a renforcé les capacités locales, amélioré le dialogue entre les parties prenantes et contribué à contribué à réduire l’écart entre les protections juridiques et les réalités du terrain.
Même si un changement durable nécessitera des investissements et un soutien continus, le projet a posé des bases importantes pour une gouvernance forestière renforcée, une plus grande responsabilisation et une participation accrue des communautés aux décisions qui affectent la forêt tropicale du bassin du Congo.
Les opinions exprimées dans cet article sont celles de RFUK et ne reflètent pas nécessairement la position officielle de l’AFD.
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