Protéger ceux qui protègent la forêt : RFUK publie de nouvelles recommandations pour soutenir les défenseur·e·s communautaires dans le bassin du Congo

28 avril 2026

Au cœur des forêts du bassin du Congo, documenter l’exploitation forestière illégale ou d’autres activités extractives illégales peut avoir un coût. Les observatrices et observateurs communautaires, dont beaucoup sont bénévoles, se sont engagés à surveiller l’activité forestière pour protéger leurs terres, défendre leurs droits et veiller au respect des lois forestières, tout en sachant qu’ils risquent d’être victimes d’intimidations, de menaces, voire d’arrestations. Leur travail les met en contact direct avec des acteurs puissants, qu’il s’agisse d’entreprises opérant en dehors de la loi ou d’individus qui considèrent cette surveillance comme une remise en cause de leur autorité. Dans ces conditions, le simple fait de recueillir des preuves peut devenir dangereux.

Pourtant, ces observatrices et observateurs persévèrent.

Ils sont en première ligne des efforts visant à protéger l’une des forêts tropicales les plus importantes au monde. À l’aide d’outils tels que ForestLink, développé par RFUK, ils envoient des signalements en temps réel depuis des zones reculées, dénonçant des activités illégales qui, sans cela, resteraient peut-être impunies. Leur travail contribue à la préservation des forêts, mais également à la défense des droits des communautés qui en dépendent. Sans eux, une grande partie de ce qui se passe dans ces forêts échapperait à l’attention publique et ne serait pas contesté.

Travailler en première ligne ne devrait toutefois pas signifier s'exposer à des risques inutiles.

En étroite collaboration avec nos partenaires dans toute la région, Comptoir Juridique Junior (CJJ), Ecosystèmes et Développement (ECODEV), Forêts et Développement Rural (FODER), Groupe d’Action pour Sauver l’Homme et son Environnement (GASHE) et Réseau pour la Conservation et la Réhabilitation des Écosystèmes Forestiers (Réseau CREF), nous avons élaboré une nouvelle brochure sur la sécurité afin d’aider les observatrices et observatrices et observateurs communautaires à rester en sécurité tout en menant à bien ce travail essentiel. Ce guide s’appuie directement sur l’expérience des actrices et actrices et acteurs de terrain, transformant les défis concrets en conseils pratiques pouvant être mis en œuvre avant, pendant et après les missions d’observation indépendante.

La nécessité d’un tel outil est apparue clairement au cours de notre travail dans le bassin du Congo. À mesure que les systèmes d’observation communautaire se sont renforcés et généralisés, les risques encourus par celles et ceux qui les utilisent ont également augmenté. Les observatrices et observatrices et observateurs opèrent souvent dans des environnements complexes, marqués par des dynamiques politiques changeantes, des tensions locales et des intérêts économiques concurrents. Dans ces contextes, la préparation et la sensibilisation peuvent faire toute la différence.

La brochure répond à cette réalité par une approche simple mais essentielle : rendre la sécurité pratique, accessible et pertinente. Conçue pour être emportée dans la forêt, elle offre des conseils clairs auxquels les observatrices et observatrices et observateurs peuvent se référer en temps réel. Elle les encourage à planifier soigneusement, à évaluer les risques à l’avance, à identifier des contacts de confiance et à s’assurer qu’ils disposent de tout le nécessaire avant de partir. Elle souligne également l’importance de la sécurité des informations, en reconnaissant que la manière dont les données sont traitées peut avoir une incidence directe sur la sécurité personnelle.

Au cœur de cette brochure se trouve un message fort : personne ne devrait effectuer de mission d’observation seul. Se déplacer en petits groupes, varier les itinéraires et les horaires, et faire preuve de discrétion contribuent à réduire les risques. Cette attention portée à la sécurité collective est particulièrement importante pour les femmes, qui peuvent être confrontées à des menaces accrues, notamment des violences sexistes et sexuelles et sexuelles. Les conseils abordent directement ces réalités, encourageant les observatrices et observatrices et observateurs à adapter leur approche en fonction de leur situation personnelle et à donner la priorité à la sécurité dans chacune de leurs décisions.

Parallèlement, la brochure reconnaît que tous les risques ne peuvent pas être évités. Elle fournit des conseils clairs et pratiques sur la manière de réagir si quelque chose tourne mal, qu’il s’agisse de se plier aux exigences dans une situation menaçante, de se mettre rapidement en sécurité ou de signaler et de documenter les incidents par la suite. En tirant les leçons de ces expériences, les observatrices et observateurs et leurs organisations peuvent continuer à renforcer leur approche de la sécurité au fil du temps.

Si ce travail trouve ses racines dans le bassin du Congo, sa pertinence s’étend bien au-delà de la région. Partout dans le monde, les défenseur·e·s des droits humains et environnementaux font face à une pression croissante alors qu’ils s’opposent à l’exploitation illégale et militent pour une gouvernance forestière plus responsable et plus équitable. Lorsque celles et ceux qui sont en première ligne ne sont pas suffisamment protégés, les conséquences dépassent largement les individus et leurs communautés sapant les efforts mondiaux pour lutter contre la déforestation, la perte de biodiversité et le changement climatique.

En investissant dans des outils pratiques tels que cette brochure sur la sécurité, RFUK et ses partenaires franchissent une étape importante pour combler cette lacune. Soutenir les observatrices et observateurs communautaires, c’est reconnaître qu’une surveillance forestière efficace ne repose pas seulement sur la technologie ou les données, mais aussi sur les personnes qui la rendent possible. Leur sécurité est fondamentale.

La brochure sera désormais diffusée auprès des partenaires et des communautés dans le cadre de nos projets actuels et futurs, contribuant ainsi à renforcer les pratiques de sécurité sur le terrain. Elle offre également un point de départ aux autres organisations travaillant avec les défenseur·e·s de l'environnement pour partager leurs expériences.

Le message est clair. La protection des forêts commence par la protection de celles et ceux qui les défendent. Assurer leur sécurité n'est pas une option, c'est une nécessité.

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