Cameroun
Les forêts tropicales du Cameroun comptent parmi les plus riches d'Afrique mais reste sous la forte menace de l'exploitation forestière.


La réforme sur les politiques forestières menée par la Banque Mondiale dans les années 1990 a conduit à la création du Code Forestier en 1994. Apres avoir octroyé des licences aux concessions d'exploitation industrielle, et ce, à grande échelle, leur modèle de gestion des forêts est devenu le modèle de gestion prévalant. Il est maintenant largement reconnu que ce modèle a échoué dans la mesure ou il ne génère aucun bénéfice pour les communautés et ne réduit pas non plus la pauvreté rurale. L'exploitation illégale reste un problème majeur ; la capacité du gouvernement à faire respecter la législation forestière est faible et la corruption est très répandue. Les dégâts causés par l'exploitation industrielle ne se limite pas seulement à la première conséquence directe qui est l'abattage des arbres. La construction de routes par les compagnies industrielles entraîne la migration de nouvelles populations dans les forêts ; chasseurs et braconniers s'installent souvent côte a côte, décimant ainsi la faune forestière.
Les forêts sont l'habitat naturel des peuples Pygmées Baka, Bakola, Bedzang et Bagyeli (BBBB) et pour la plupart d'entre eux leur existence dépend des fermiers locaux Bantu. Les Baka sont les plus nombreux et vivent dans les provinces Est et Sud. Ils sont majoritaires dans certaines régions. Les Bagyeli et Bakola vivent dans la zone côtière et dans la Province Sud du Parc National Campo Ma ‘an. Le plus petit groupe, à savoir les Bedzang, vit près de Ngambe Tikar, dans la partie nord de la Province centrale. Un grand nombre de peuples Pygmées sont dépourvus de leur droit fondamental a la citoyenneté. Leur utilisation de la forêt n'est pas reconnue par la législation camerounaise. La « Forêt Communautaire », la seule façon légale de gérer la forêt pour les communautés ne bénéficie qu'à une poignée de villages et uniquement à la communauté Baka. Certaines personnes, qu'elle soit Baka, Bakola, Bedzang ou encore Bagyeli vivent, toute leur vie durant, dans des conditions de semi esclavage, beaucoup ne possèdent pas de papiers d'identité ; en d'autre termes ils ne peuvent pas voter ou avoir accès aux services essentiels tels que la santé ou l'éducation. De plus, leurs chefs ne sont pas reconnus par la loi.
- › Carbon Sunk - The potential impacts of avoided deforestation credits on emmissions trading mechanisms
- › Clouds on the Horizon
- › DRC forest code and Cameroon experience
- › Realising Rights, Protecting Forests An Alternative Vision for Reducing Deforestation (English)
- › Realising Rights, Protecting Forests An Alternative Vision for Reducing Deforestation (French)
- › Realising Rights, Protecting Forests An Alternative Vision for Reducing Deforestation (Spanish)
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